Version française / Manifestations
- Langues et cultures,
Séminaire « Sensorialités, arts et esthétiques » Année 2025/2026 – Le savoir du végétal : perspectives critiques
Séminaire de recherche 2025/2026 organisé par le Centre d’études et de recherches sur l’espace germanophone (CEREG)
du 9 janvier 2026 au 29 mai 2026
- Vendredi 9 janvier 2026 (14H30-17H30)
- Vendredi 20 mars 2026 (14H30-16H30)
- Vendredi 10 avril 2026 (14H30-17H30)
- Vendredi 29 mai 2026 (14H30-16H30)
Année 2025/2026 « Sensorialités, arts et esthétiques » - Le savoir du végétal : perspectives critiques
- Présentation
-
Les arts contemporains expérimentent de nouvelles associations et hiérarchies entre les cinq sens, créent des
synesthésies, reconfigurent et redéfinissent la relation de l’œuvre à l’espace et au temps. Que ce soit dans le
cadre de scénographies muséales, d’expositions ou de représentations théâtrales, les performances et les
dispositifs immersifs ou participatifs vont de pair avec une implication corporelle et perceptuelle du
spectateur : celui-ci ne se tient plus dans une contemplation distanciée mais se trouve environné par l’œuvre,
dont il fait l’expérience de manière en apparence immédiate. Pour l’esthétique, longtemps conçue comme une
théorie du jugement, il s’agit dès lors de sortir du paradigme de la réception et de penser à nouveaux frais une
agentivité des œuvres d’art, que ce soit autour de la matérialité, ou de la « Bildwissenschaft » (science de
l’image), qui a connu un fort impact en Allemagne, ou encore par le biais de notions comme l’atmosphère, la
présence, la soma-esthétique, la contemplation entre autres.
Ce séminaire entend se fonder sur des mises en perspective historiques et remettre en particulier à l’honneur
le paradigme sensoriel qui est à l’origine de l’esthétique allemande dans l’Aesthetica d’Alexander Gottlieb
Baumgarten en 1750/58. Ce paradigme sensoriel a été souvent occulté dans les récits de la fondation de cette
discipline qui n’y voyaient qu’une préfiguration imparfaite de l’esthétique kantienne. Or, le retour à ses
origines historiques montre que, depuis le début, l’enjeu est double : il s’agit de réinventer l’art, mais aussi la
sensibilité, et donc l’homme entier. Il s’agit par là-même d’envisager l’esthétique non pas (ou en tout cas pas
seulement) comme une théorie du jugement mais (aussi) d’abord comme un type de connaissance reposant sur
les sens.
Germanistes travaillant sur le théâtre et les études visuelles, l’art des jardins et les transferts culturels, l’histoire
religieuse et les interactions entre art, culture et religion, nous proposons donc dans ce séminaire, d’une part,
de réinterpréter la tradition esthétique allemande afin de mettre en évidence les articulations qu’elle convoque
entre corps, matières et médias, et, d’autre part, d’historiciser de la sorte les évolutions contemporaines, tout
en explorant et en analysant ces dernières. Notre séminaire souhaite par conséquent s’ouvrir à d’autres espaces,
arts et esthétiques, tout en s’ancrant dans l’aire culturelle germanophone, étant donné l’importance historique
de la pensée esthétique allemande.
Après s’être attaché lors des années passées à explorer les relations entre les sens, les notions d’atmosphère et
d’empathie, notre séminaire interrogera à partir de 2026 les liens entre sensorialités, arts et esthétiques et le
vivant non-humain, en particulier à travers la question du savoir du végétal, envisagée de façon critique. Ces
dernières années en effet, dans un contexte global de bouleversement climatique et de mise en danger de la
biodiversité les Plant Studies occupent, au sein des humanités environnementales, une place croissante, et
bénéficient d’un intérêt toujours plus vif dont attestent des ouvrages « grand public » ou de vulgarisation
comme ceux de Peter Wohlleben (Das geheime Leben der Bäume, 2015, traduction française 2017) ou de
Stefano Mancuso et Alessandra Viola (Verde Brillante – sensibilità et intelligenza del mondo vegetale, 2015,
traductions allemande et française 2015, 2020) ou celui, plus philosophique, d’Emanuele Coccia (La vie des
plantes, 2016, traductions italienne et allemande 2018) – ou encore la création du Literary and Cultural Plant
Studies Network (LCPSN) en 2018. Les plantes, ainsi placées au centre de l’attention, sont décrites comme
des êtres dotés de sens inconnus et d’une agentivité spécifique. En essayant de concilier l’apport des botanistes
et des philosophes, il s’agira donc de déporter notre regard vers le végétal et d’interroger la place de ce dernier
dans les arts, la littérature ou l’histoire culturelle.
Des chercheurs et éventuellement des artistes de différentes disciplines et de divers horizons interviendront
dans le cadre des cinq séances prévues pour 2025-2026 (à chaque fois le vendredi de 14H30 à 16H30 ou
17H30). Chaque séance se déroulera en deux temps : lors de la première partie, l’invité (voire deux invités)
présentera ses recherches en cours ou bien un ouvrage déjà publié ou encore un extrait de texte théorique/un
extrait d’œuvre (précédemment communiqué à l’ensemble des participants du séminaire) ; une discussion
commune s’ensuivra lors de la deuxième partie de la séance.
Organisatrices du séminaire : Florence Baillet (Université Sorbonne Nouvelle), Sylvie Le Grand-Ticchi (Université
Paris Nanterre), Marie-Ange Maillet (Université Paris 8).
Contacts : florence.baillet@sorbonne-nouvelle, sylvielegrandticchi@wanadoo.fr, marie-ange.maillet@univ-paris8.fr - Programme des séances
- • Vendredi 9 janvier 2026 (14H30-17H30)
Intervenants : Anne-Marie Pailhès, Jean-Michel Pouget
Les nouveaux savoirs sur le végétal à l’épreuve de la sensorialité, une approche interculturelle
Lieu : Université Sorbonne Nouvelle, Maison de la Recherche USN, salle du Conseil
• Vendredi 20 mars 2026 (14H30-16H30)
Intervenante : Urte Stobbe (Universität zu Köln)
Jan Wagners Gedicht "giersch" / Faire sentir le caractère d'une plante avec les sens : le poème « giersch » de Jan Wagner
Lieu : Université Paris 8, salle A2-215 (bâtiment passerelle vers la MdR)
• Vendredi 10 avril 2026 (14H30-17H30)
Intervenants : Isabelle Kalinowski (CNRS/UMR Pays germaniques), Ronan de Calan (Université Panthéon-Sorbonne)
Traduire la Métamorphose des Plantes de Goethe.
Intervention suivie d’une table-ronde sur la réception et la postérité de l'ouvrage avec Marie-Ange Maillet
(Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis), Jean-Michel Pouget (Université Paris Nanterre),
Lieu : Université Sorbonne Nouvelle, Maison de la Recherche USN, salle du Conseil
Séance organisée en collaboration avec le programme ERC Oecologie – les sources allemandes de l’écologie et l’UMR Pays germaniques de l’ENS.
• Vendredi 29 mai 2026 (14H30-16H30)
Intervenante : Eliane Beaufils (Université Paris 8) à propos de la dramaturgie des plantes.
Lieu : Université Paris Nanterre, Salle de séminaire 2, Bâtiment Weber
• En juin intervention de Rainald Franz (Musée des arts décoratifs de Vienne) : l’influence de Haeckel sur le Jugendstil et la Neue Sachlichkeit (Karl Blossfeldt) (Séance organisée en collaboration avec le programme ERC Oecologie – les sources allemandes de l’écologie)
Mis à jour le 19 décembre 2025
Fichier joint
- PROGRAMME 2025/2026 PDF, 289 Ko
Organisatrices du séminaire :
Sylvie Le Grand-Ticchi (Université Paris Nanterre) : sylvielegrandticchi@wanadoo.fr
Marie-Ange Maillet (Université Paris 8) : marieange.maillet@gmail.com